Archives de Tag: commerce

L’enseignement à l’école et la formation en entreprise peuvent profiter du design

2 mai

Article de Laurent Marcoux

(édition princeps ici)

Comment utiliser le design pour faciliter l’apprentissage à l’école et en entreprise?

J’ai constaté avec peine à quel point les enseignants et responsables des ressources humaines en entreprise n’utilisent pas les stratégies du design pour communiquer adéquatement leurs messages.

Voici donc quelques solutions intéressantes que vous pourrez appliquer concrètement et qui susciteront l’intérêt des apprenants. (Lire la suite…)

Recherche et développement (R & D) : principe et techniques de base

1 avr

Article de Laurent Marcoux

(éditions princeps ici)

 

La recherche et développement est idéalement un processus continu en entreprise qui vise à augmenter la performance et la rentabilité de l’entreprise. Pour ce faire, plusieurs techniques sont possibles. Les techniques utilisées en design consistent à une étude de la concurrence et des technologies disponibles ou non sur le marché (veille de la concurrence et veille technologique), une création continue de concepts (innovation continue) et un ensemble de démarches visant à la meilleure utilisation des ressources par l’augmentation de la performance générale des systèmes en place dans l’entreprise (design thinking). Le designer joue aussi le rôle de celui qui fait évoluer les mentalités au sein de l’entreprise en découvrant de nouvelles manières de faire les choses (créateur d’idées ou idéateur).

Pour mieux comprendre l’impact de la R&D, voici un schéma réalisé par Cognifistech :

On en comprend que la recherche et développement est une activité qui s’intéresse à ces sujets :

  • Caractéristiques structurelles
  • Intensité de la concurrence
  • Climat pour les nouvelles entreprises
  • Politiques publiques
  • Ambition de l’entreprise

Ainsi, on en vient à ce que l’entreprise investisse dans ces activités :

  • Idées et croissances
  • Personnes talentueuses, instruites et ayant de l’entrepreneurship
  • Réseaux, collaborations et liens
  • Capital et financement

Ces activités favorisent l’accroissement de la productivité, qui elle entraîne une augmentation de la qualité de vie au sein de l’entreprise de même que dans la communauté.

Ainsi, la recherche et développement réalisée en collaboration avec le designer a un impact sur l’entreprise, les employés et l’environnement général de l’entreprise.

 

La fabrication d’un produit de niche en petite série

1 mar

Article de Laurent Marcoux

(édition princeps ici)

Comment fabriquer un produit de niche en petite série? Quand il s’agit de mettre en production un objet en série limitée, il est nécessaire de tenir compte des principes de logistique facilitant la distribution. Se doter de site Web cohérent avec l’objectif de l’entreprise est un must. Cela permet d’augmenter la visibilité de l’entreprise à moindre coût. (Lire la suite…)

Fabriquer un produit en Chine, un “pensez-y bien”

1 fév

Article de Laurent Marcoux

(édition princeps ici)

Durant mes visites dans des usines du Québec, j’ai entendu les commentaires des manufacturiers à l’égard de la fabrication en Chine. Pour simplifier, disons que les coûts de la fabrication sont réduits au maximum dans ces usines chinoises pour des raisons de logistique, de coût de matière première, de coût de main-d’oeuvre, d’ententes internationales, etc. (Lire la suite…)

Marketing viral: manifestation et communication 2.0 selon Anonymous

1 jan

Article de Laurent Marcoux

(édition princeps ici)

Anonymous fait circuler sur Internet sous divers pseudonymes une série de vidéos depuis plus d’un an. Je ne me positionne pas par rapport à ce groupe (je ne suis pas particulièrement d’accord avec eux), je cherche simplement à faire connaître leur stratégie de communication.

Ces vidéos représentent une stratégie communicationnelle franchement déstabilisant, voire menaçante, tellement elle semble bien orchestrée. Cette stratégie est remarquables à mes yeux  en raison de ces points:

  • Elle ne coûte rien à diffuser, mais demande beaucoup d’organisation;
  • Elle est durable;
  • Elle atteint sa cible: les jeunes internautes;
  • Elle ne demande pas de grandes connaissances techniques ou de matériel spécialisé;
  • Elle peut être reproduite par les internautes de manière créative, tout en respectant le message de base, grâce à un code.

Voici mon interprétation de leur stratégie.

Créer l’illusion du grand nombre

D’abord, Anonymous est divisé en une série de petits comptes et sites Web, ce qui augmente la visibilité de la marque et son aspect viral. Ces comte set sites Webs se renvoient l’information, maximisant le nombre d’hyperliens et de fans pour chacun. Lors du lancement de la première vidéo, on perçoit que plusieurs individus différents s’y intéressent et rediffusent l’information. Cette illusion du grand nombre est un facteur psychologique important donnant à l’internaute l’impression que ce qu’on tente de lui communiquer est de grande valeur. Voici le compte qui semble le plus officiel parce qu’il diffuse le premier message:

Se trouver un ennemi

Anonymous combat un ennemi: La Scientologie. De cette manière, l’internaute peut s’associer ou se dissocier du mouvement. Le message est clair, net, précis. Il y a les bons et les méchants.

Créer un code et des rituels

Les adeptes d’Anonymous portent un masque de V for Vendetta. Leur rituel: la manifestation dans la rue. Chaque manifestation porte un nom de code qui renvoie à l’esthétique et la culture du Web. Les internautes non-membres officiels d’Anonymous peuvent alors reproduire les codes et rituels afin de diffuser le message de manière exponentielle. Ils ont un nom qui fait un seul mot et un slogan, répété à maintes reprises comme signature du grope à la fin des vidéos.

Être radical, pacifique et ludique à la fois

Le groupe Anonymous se différencie des autres groupes dans ses manifestations par la manière dont il cherche à provoquer l’adhésion grâce à une forme d’humour radicale, pacifique et ludique à la fois.

Donner des rôles spécifiques à des leaders d’opinion

La stratégie Anonymous est brillante. Le groupe se divise en sous-groupes locaux, eux-mêmes divisés de façon hiérarchique. Au dessus de la pyramide se trouve ce qui semble être un oligarchie composée de hackers et de chercheurs, spécialisés dans leur dossier. Dans cette oligarchie, les membres supérieurs ont comme mandat de clarifier le message des membres inférieurs et d’éliminer les doutes quand aux intentions d’Anonymous. Puis, le mouvement s’est décentralisé de manière à agir de manière anarchique (au sens  technique: il n’y a pas de chef). À ce sujet, voyez: Anonymous, le réseau qui veut détruire la scientologie.

Demander aux médias de couvrir l’évènement

Les partisans d’Anonymous ne se gênent pas pour inviter les médias à leurs manifestations publiques. Ils utilisent ensuite les messages des médias pour donner de la valeur à leur entreprise. Anonymous utilise aussi les vidéos des médias détracteurs à leur avantage.

MAJ

Afin d’avoir les deux côtés de la médaille au sujet de Anonymous, et en réponse au commentaire de @poutignat, vous êtes invités à consulter ce lien, qui contient une vidéo mettant en lumière des pratiques non pacifiques pour lesquelles je ne peux affirmer qu’elles aient eu lieu et que je n’encourage aucunement :

Les pratiques illégales ont pour effet de nuire au discours entre le citoyen et le groupe. Elles servent à renforcer les liens sociaux entre les membres du groupe en les distanciant de l’ennemi.

Ces pratiques, en supposant qu’elles aient eu lieu, sont peut-être issues d’un manque de cohésion dans le groupe Anonymous, en raison de la distance qui sépare chacun des membres, isolés, mais réunis virtuellement grâce à Internet. Elles servent aussi à provoquer la panique, une stratégie militaire visant à paralyser l’ennemi en le neutralisant de manière brutale. On ne parle plus de communication, mais d’un acte de violence.

Alors, que faire pour ne pas faire cette erreur? Restez pacifiste et légal. Vous avez intérêt à communiquer à l’aide d’arguments solides que vous comprenez la stratégie de votre ennemi et démontrer, avec une grande sagesse, que vous avez une meilleure alternative à offrir. Répétez votre message, répétez, répétez. N’ayez qu’un seul message, décliné en différentes versions accessibles à différents types de clientèles.

 

Comment réussir un projet ambitieux: processus R&D, management et design thinking

1 déc

Article de Laurent Marcoux

(édition princeps ici)

Développer un produit ou un service, c’est comme construire une maison: il faut suivre une démarche irréprochable pour obtenir un résultat satisfaisant. Quand on a des projets ambitieux, il faut bien s’entourer et savoir diriger une équipe.

Quoi ne pas faire

La complexité de certains processus à de quoi rendre dingue. Voulez-vous perdre votre argent et faire un burn-out? Alors faîtes comme ces gens qui tentent de créer un panneau routier d’arrêt:

The Process

Dans cette vidéo humoristique, on montre le processus (oui plutôt l’absence de processus) de trois bureaucrates qui ne connaissent rien à la recherche et développement (R&D) dont le seul but est de perdre leur temps et leur argent tout en minant le moral de leur designer préféré. Ils changent constamment d’idées, réinvente le concept alors qu’il est temps de passer à son exécution et ne savent pas décider des meilleures stratégies à adopter pour répondre à leur besoin. Ils auraient pu simplement demander au designer comment procéder dès le départ!

Quoi faire

Je pense que la pensée design (design thinking) s’applique pour développer des projets ambitieux de toute sorte. Pour réussir un développement de produits ou service, voici la marche à suivre (de base) qui fonctionnera peu importe votre type de projet:

  1. Vérifier avec un plan d’affaires que le projet est viable (consulter un expert en développement de produit au besoin)
  2. S’assurer d’avoir un objectif commun clair et précis
  3. Déterminer un chef ultime qui prendra les décisions difficiles ou choisir un fonctionnement par vote (éviter à tout prix le mode de l’oligarchie qui ne fera que détruire de bonnes idées au profit de débats interminables)
  4. Dressez une liste claire de critères et d’objectifs à suivre au format papier (cahier des charges, pas une liste de statistiques, mais bien une liste d’objectifs classés par ordre de priorité)
  5. Réviser ce cahier des charges en rencontrant le développeur de produit et en interagissant avec lui
  6. Prévoir des rencontres d’information (je suggère trois rencontres) et vérifier point par point le processus avant le début du travail (vous ne devriez pas vous attendre à ce que le travail soit exécuté avant d’avoir clairement trouvé vos besoins)
  7. Optimiser vos moyens de communication afin de faciliter l’interaction avant l’exécution du projet
  8. Déterminer un échéancier dont 10% sera consacré volontairement à rien afin d’avoir une marge de manoeuvre en cas de problème majeur
  9. Vérifier toujours à la même cadence le développement de produit (une fois par semaine, appeler pour s’informer)
  10. Si d’autres idées émergent, les mentionner au développeur de produits et s’assurer de ne pas dévier du plan de départ (le cahier des charges)

Note: la plupart des designers ne vous le diront jamais, mais ils détestent qu’on juge leurs idées en se basant sur des goûts personnels alors qu’un cahier des charges a été écrit pour analyser de façon rationnelle les choix du designer. Savez-vous pourquoi les designers détestent cela? C’est qu’ils savent qu’en agissant ainsi, vous êtes perdant en fin de compte. Se baser sur des choix émotionnels uniquement ou divaguer à cause de choix émotionnels vous fera perdre votre temps et votre argent. Pour reprendre l’analogie du début, il faut d’abord construire la maison avant de la décorer.

 

Cibler les besoins et repérer les désirs des consommateurs

27 oct

Article de Laurent Marcoux

(édition princeps ici)

Besoins

Pour cibler les besoins des consommateurs, il est utile de se mettre dans leur peau. Il faut agir comme eux, dans leur environnement. Pour se faire, voici trois suggestions toutes simples :

  1. Étudiez le langage non-verbal du public cible face à différents types de produits et services;
  2. Suivez une personne représentant votre public cible que vous payez pendant toute une journée pour connaître la suite logique de ses activités;
  3. Si possible, placez une petite caméra sur une casquette, sur la tête d’une personne du public cible et voyez ce qu’elle voit (on regarde généralement plus longuement ce dont on a le plus besoin).

Désirs

Les désirs, quant à eux, sont simple  reconnaître. Pour y arriver, voici trois petits trucs :

  1. Demandez à plusieurs personnes du public cible de donner une liste de produits et services qui répondent à ses désirs;
  2. Lisez toutes les revues et voyez toutes les émissions de télévision auxquels sont soumis votre public cible (vous pourrez cibler des catégories de désir comme le cocooning par exemple). Écoutez en particulier les lignes ouvertes et les demandes spéciales à la radio pour savoir quand on répond aux animateurs;
  3. Suivez ce que disent les gens sur Twitter à propos du type de produit ou service que vous tentez de mettre sur le marché en charcahnt selon des mots-clés qu’utilisent le grand public.

Différence entre besoin et désir

Un besoin (need) est indispensable à la vie. Un désir (want) est plutôt un souhait, un rêve, un idéal. Les consommateurs confondent souvent besoin et désir. L’américain moyen consomme beaucoup par désir, puisque la plupart de ses besoins sont comblés simplement. Voici une image sympathique qui exprime cela:

Source: http://www.brainpickings.org/

Complément de lecture

  • Hugues MARCHAT, Gestion de projet étape-par-étape: L’analyse des besoins, Eryolles, 2006, 208 p.

Augmenter la valeur perçue (perceived value) d’un service

13 oct

Article de Laurent Marcoux

(édition princeps ici)

Vous voulez augmenter la valeur perçue (perceived value) d’un service? Voici quelques trucs qui ne vous coûteront pas les yeux de la tête.

Stimulez positivement chacun des sens

Que ce soit pour vendre un aspirateur, servir un repas gastronomique ou conseiller en assurance-vie, on doit prendre compte des sens de l’acheteur potentiel et lui offrir du raffinement. Voici quelques trucs:

  1. Parfumez légèrement la salle
  2. Fermez les portes qui donnent sur les zones qui n’ont pas intérêt à être vues par le client
  3. Ajoutez une musique en bruit de fond
  4. Offrez à boire
  5. Offrez un siège extrêmement confortable

Assurez-vous d’être ponctuel

Cela peut sembler anodin, mais a ponctualité est un signe de respect. Chaque rendez-vous manqué et chaque retard causé par vous doit être compensé d’une manière ou d’une autre.

Gardez le contact

N’hésitez pas à offrir votre temps gratuitement avant et après la vente. Dressez une liste de service « hameçons » qui n’auront comme objet que d’attirer vos prospects. Dressez une liste de services après vente qui auront comme but de fidéliser votre clientèle.

Soyez réel

Encore une fois, cela peut sembler banal, mais être présent dans l’imaginaire de votre acheteur est un défi de taille. Utilisez le marketing promotionnel à votre avantage en soignant votre image de marque. Selon vos capacités, faîtes tout en votre possible pour offrir quelque chose de tangible pour le grand public.

Et après…

Une fois que vous aurez pris le temps de faire cela, vous n’aurez peut-être plus de temps du tout. Repensez à la manière dont vous servez vos clients du début à la fin. Est-ce une suite logique et cohérente avec vos valeurs d’entreprise? Si oui, continuez et améliorez chacun des points en puisant dans la recherche et développement pour de nouvelles idées. Si non, revoyez votre plan d’affaires pour vous assurer que votre service soit utile à quelqu’un!

Société de consommation, surconsommation et l’opinion d’un designer de produits

15 sept

Article de Laurent Marcoux

(édition princeps ici)

On entend parfois que nous vivons dans une culture de la consommation ou une société de consommation. Ce sont des sociologues qui l’affirment, mais aussi des économistes, anthropologues, théologiens, écologistes, historiens… Je pense que d’ailleurs nous vivons de plus en plus dans une culture de la surconsommation.

Surconsommer et les innovation-addtics

Innovateur-addict… Cette expression est tirée du livre Packaging : Toutes les étapes du concept au consommateur de Jean-Jacques Urvoy et Sophie Sanchez. Les innovation-addicts achètent immédiatement ce qui est nouveau parce que c’est nouveau, et donc, parce que c’est cool et pas nul.

J’adore cette image qui décrit bien les innovation-addicts. Voici leur schéma mental (qui s’applique autant aux produits électroniques qu’à tout autre produit ou service):

Schéma mental de la surconsommation

Source de l’image: thedailywh.at et http://www.buzzfeed.com/anteater/should-i-get-the-new-insert-gadget-name-here-flo

Ressources pour comprendre notre culture de la surconsommation

Comme le montrent ces documents, notre société invite à la surconsommation par la publicité, le bouche-à-oreille, les traditions et rituels dans nos vies bien rangées. Ce sujet est si vaste que je pourrais en écrire une thèse de doctorat!

Films:

Documentaires:

Livres:

Un volcan peut-il arrêter la mondialisation?

29 avr

Minerve a le plaisir d’accueillir aujourd’hui Nicolas Quint. Cette nouvelle plume, ingénieur informatique de formation et directeur financier de PME dans la vie, nous rappelle à la raison et porte un regard humaniste sur l’économie. Son analyse des impacts réels d’un certain volcan sur le commerce et les échanges…

Article de Nicolas Quint

(édition princeps ici)

Les cendres du volcan islandais se dissipent à peine (temporairement?) et l’heure des comptes sonne déjà. Surtout, les acteurs économiques les plus touchés se bousculent au portillon pour encaisser aides, prêts ou autres subsides de l’Etat. J’ai moi-même été au cœur de ce maelström puisque j’étais parti quatre jours visiter Copenhague et ne viens que de rentrer avec… cinq jours de retard. Vu de Scandinavie, la situation catastrophique de centaines de milliers de passagers en transit semble assez lointaine. Peut-être est-ce dû à la légendaire modération scandinave? Ou à l’organisation mise en place (par exemple, comptoirs SAS déportés dans les grands hôtels). Ou encore aux moyens de communications modernes (mobiles, emails) permettant de s’organiser et de prévenir ses proches simplement. En tout cas, rien qui ne justifie les propos outranciers de Christian Estrosi, utilisant cette péripétie dans une grossière manœuvre politique contre les grévistes SNCF (même si le fond peut être compréhensible, le ridicule de la comparaison rend inaudible cette sortie).

Sur le plan humain, cela reste désagréable mais il faut se rendre à l’évidence quant à la force de la nature et au fait que celle-ci puisse paralyser temporairement l’activité humaine, que ce soit via un volcan ou les chutes de neige hivernales. Ceci étant, rien que de très supportable comparé aux catastrophes naturelles telles que le tsunami ou le séisme en Haïti. Il convient donc de relativiser et de se garder de tout ethnocentrisme. Humilité de mise donc mais sans aller jusqu’au concert de réactions interprétant cet événement comme une revanche de Gaïa face aux avanies qu’on lui fait subir. Plus sérieuses sont les leçons économiques à tirer de l’événement voir politiques (notamment le cafouillage dans la concertation européenne dénoncée entre autres par Bernard Kouchner et qui n’est qu’un énième avatar que ce que je décrivais dans mon précédent post).

Alors quelles sont les conséquences économiques? Les pertes pour les compagnies aériennes sont estimées à 1.7 milliards de dollars. L’équation est évidente: perte de revenus et frais fixes = perte nette. On peut cependant s’étonner d’entendre que cinq compagnies seraient proches du dépôt de bilan par manque de liquidité. Cela démontre une fragilité extrême du secteur: un arrêt d’exploitation de cinq jours suffirait à mettre en péril ces entreprises. Ou alors s’agit-il d’une exagération des impacts pour demander des subsides, dont l’UE s’est déjà déclarée prête à en accepter l’augure. Là encore, il paraît étonnant de demander aux contribuables de financer des sociétés pour un arrêt d’exploitation somme toute limité dans le temps. Par ailleurs, on peut s’interroger sur la justice de telles aides. En effet, de nombreuses (mais beaucoup plus silencieuses) sociétés ont eu à souffrir de cet arrêt: aéroports eux-mêmes (privés de taxes de décollage/atterrissage), boutiques et restaurants d’aéroports, sous-traitants des compagnies aériennes tels que les services de nettoyage ou de catering.

Qu’en est-il par ailleurs des pertes plus globales du système? Le Monde,notamment par la voix d’Elie Cohen, parle d’une “annulation de la mondialisation” et de répercussions dans de nombreux secteurs. Prenons l’exemple de l’hôtellerie. Si j’en croie les discussions que j’ai eues à Copenhague, l’impact était quasi nul. En effet, si plus personne n’arrivait… plus personne ne partait. Le flux était très réduit mais le “stock” intact. Pour la perte de journées de travail évoquées par Elie Cohen, elles ont été minimisées par les possibilités de télé-travail ou sinon passées en congés payés ou RTT… rattrapés plus tard.

Pour ce qui est de l’effet global induit dans le système et d’une potentielle annulation de la mondialisation, 80 à 90% des échanges internationaux se font par voie maritime. Cette affirmation est donc gratuite. Seuls les produits a très forte valeur ajoutée (électronique, pharmaceutique) utilisent le transport aérien. Or, on assistera à un effet de décalage mais pas à une réduction des volumes à terme. Comme le souligne l’article de Libération cité en début de ce post, les effets seront anecdotiques (fleurs kenyanes …).

Loin de moi le fait de nier les problèmes et coûts engendrés par le phénomène d’autant plus que je les ai vécus personnellement. Mais parler de gel de la mondialisation, d’effets très forts sur l’économie globale ou encore de “revanche” de Mère-Nature sont des réactions épidermiques et exagérées. Le challenge va plutôt consister à savoir s’il faut aider et comment le secteur de l’aérien (en n’oubliant pas les sous-traitants) et à le rendre moins sensible à ce type d’aléa.

http://resultat-exploitations.blogs.liberation.fr/finances/2010/04/ashes.html#more

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